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Avis de psy : « Ces femmes ne pouvaient plus rester à côté de leur vie »

ISABELLE SOING JEUDI 20 FÉVRIER 2014

Pourquoi les femmes changent-elles de vie sur un déclic ? Selon la psychanalyste Sylviane Giampino, ces décisions ne sont pas impulsives. Elles sont le dernier acte d’une pièce qui s’est déroulée à notre insu depuis longtemps.

Que se passe-t-il dans la tête d’une femme au moment précis où elle fait basculer sa vie ?

Sylviane Giampino. Contrairement aux apparences, ce n’est jamais une décision subite. Cela peut paraître irraisonné, mais le terrain était prêt. La femme, elle, ne le savait pas. C’est comme un saut dans le vide. Elle ignore sur quoi elle va rebondir, mais impossible de faire autrement ou de rester là où elle est. Il s’agit de ne pas laisser partir la vie de soi, de ne pas mourir à petit feu sous le poids des normes, des habitudes ou des engagements. C’est là qu’intervient ce que l’on pourrait appeler la dimension d’inconscience courageuse.

Tout remettre en cause, ça arrive à tout le monde de temps en temps. De là à passer à l’acte…

Nous faisons souvent des compromis au nom de la sécurité, de la stabilité, de l’engagement, du sens des responsabilités. Ce sont des valeurs importantes qui structurent les liens humains. Mais il y a un moment où cela ne suffit pas à garantir la survie de notre équilibre psychique profond.

Lorsqu’une grossesse se présente chez une femme de 38 ans, on peut supposer qu’un désir d’enfant avait déjà pris sa place dans sa tête. La grossesse engagée “par mégarde” vient simplement valider un désir préalable qui n’avait pas trouvé d’espace pour se réaliser. De la même façon, je ne crois pas qu’une rencontre avec un homme suffise à mettre en péril ou en désamour une relation précédente qui allait bien. On ne claque pas la porte du jour au lendemain parce que l’on tombe sur l’homme de sa vie, mais parce que certaines choses n’allaient pas et ont trouvé le moyen de se révéler dans cette nouvelle rencontre.

Qu’est-ce qui provoque vraiment le déclic ?

Il y a un moment où il est impossible de ne pas voir que l’on est à côté de sa vie. Les yeux se dessillent, on sait alors que l’on ne veut pas vieillir sans enfants, ou continuer dix ans, dans le même travail à mendier des signes de reconnaissance, ou vivre seule, ou à côté d’un homme que l’on n’aime plus.

Quel risque y a-t-il à trancher dans le vif ?

Parfois, on risque plus en restant qu’en partant. Le risque majeur n’est pas de sauter dans l’inconnu, mais plutôt de ne pas obéir à ce désir, car on risque de renforcer le processus d’enfermement dans la raison. Les histoires pathétiques de la vieillesse au moment des bilans de la vie sont souvent pleines du regret de ce que l’on n’a pas eu le courage de vivre. Car partir, même si cela tourne mal, valorise l’estime que l’on a de soi. C’est troublant, mais c’est ainsi.

http://www.mariefrance.fr/psycho/decryptage/avis-de-psy-ces-femmes-ne-pouvaient-plus-rester-cote-de-leur-vie-51747.html

Tag(s) : #Presse
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